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Télécharger le texte au format .rtf Résumé de l’exposé de Monsieur Michel DRANCOURT fait le 16 mai 1998 sur le thème : « L’esprit d’entreprise comme réponse aux problèmes de l’emploi » Michel DRANCOURT a repris les grandes lignes de son ouvrage publié aux PUF sous le titre Leçon d’histoire sur l’Entreprise de l’Antiquité à nos jours (aux P.U.F. collection Major). Il s’est agi essentiellement d’une mise en perspective historique permettant de souligner les traits fondamentaux, les tendances profondes qui structurent l’économie moderne avant d’aborder l’incontournable problème de l’esprit d’entreprise sans lequel nous ne pourrions que retourner aux sociétés statiques qui ont dominé pendant des millénaires. Pendant des millénaires, les techniques étant très peu évolutives, la richesse étant en quelque sorte prédéterminée, la question essentielle était celle du partage, avec sa contrepartie l’esclavage. Le travail est peu considéré, il est synonyme de médiocrité. La richesse est accaparée par une minorité qui s’assure le contrôle de la force de travail par l’esclavage. La richesse des uns suppose l’asservissement des autres. Les échanges commerciaux occupent une place marginale dans l’activité économique qui reste fortement liée au territoire. Néanmoins, la classe des marchands, spécialisés dans le commerce des produits fins, prisés par la haute société, tissus, épices, constitue un foyer d’échange d’informations, de contact des cultures et de développement. L’écriture inventée par les sumériens semble liée au commerce. Le christianisme, qui valorise le travail rural ne modifie pas fondamentalement l’ordre des choses. Le Haut Moyen Age est une époque d’insécurité et de contraction des échanges. La doctrine chrétienne valorise le travail rural, mais condamne le crédit, à l’instar au demeurant de l’Antiquité, négligeant le temps, le crédit supposant la renonciation à un usage plus immédiat de l’argent, et la prise de risque qu’implique tout opération de crédit. C’est pourtant à partir et par l’effet des croisades que se développe une activité commerciale et bancaire qui favorisera plus tard l’émergence du capitalisme. En fait le développement d’un esprit d’entreprise qui prendra son essor lors de la révolution industrielle est le produit d’une lente maturation au cours de laquelle interviennent de nombreux facteurs, notamment :
La révolution industrielle va reposer sur la conjonction de deux phénomènes complètement nouveaux
Cette conjonction est fondamentale car, l’histoire des techniques est riche d’inventions qui sont restées sans débouchés. Ce n’est pas le progrès technique seul qui entraîne le développement, mais la conjonction du progrès technique et de l’esprit d’entreprise.
Avant la révolution industrielle, on connaissait le travail, dont la quantité, en économie stationnaire ou quasi stationnaire, est considérée comme limitée, et que l’on s’efforce de répartir au mieux, ce qui justifie les réglementations corporatistes. Avec la révolution industrielle naît le concept d’emploi, notion dynamique qui varie en fonction de la conjoncture et en fonction de multiples paramètres qui font que certaines économies sont fortement créatrices d’emploi, et d’autres sont faiblement créatrices ou destructrices d’emploi. De ce point de vue, on constate aujourd’hui de fortes distorsions entre les économies. Il n’y a pas de crise mondiale, mais une crise européenne qui touche plus particulièrement certains pays européens, notamment la France. Questions Répondant à diverses questions, le conférencier sera amené à souligner le lien entre la formation et le développement. Ce lien n’est pas simple sur le court terme. Mais sur le long terme, le niveau de formation influe sur le niveau de développement. Une des meilleures illustrations en est la puissance de l’industrie chimique et de l’industrie mécanique allemande au XIXe siècle qui a été le fruit d’efforts entrepris de longue date dans le domaine de la formation scientifique et technique. Mais, il faut que la formation soit orientée dans le sens du développement technique et économique. M. DRANCOURT a notamment vanté les mérites du système de formation allemand qui réserve au service public la formation générale, mais repose pour la formation professionnelle largement sur l’enseignement en alternance, la formation professionnelle devant selon lui relever des entreprises. Sur la question du rapport entre le progrès technique et le chômage, M. DRANCOURT a rappelé que le progrès technique peut localement provoquer des réductions du nombre des emplois, en particulier quand il entraîne des gains de productivité non immédiatement compensés par une augmentation de la demande. Mais le progrès technique se traduit aussi par la conception de produits nouveaux qui sont demandés par les consommateurs, et là, le progrès technique crée directement de l’emploi. Ce phénomène a été décrit notamment par Joseph Schumpeter comme un phénomène de destruction-création dont l’entrepreneur est l’agent principal. D’où cette idée séduisante mais peu mise en pratique, tant la crainte de l’avenir est grande, qu’il est souvent préférable pour créer de l’emploi d’investir dans la recherche, l’innovation et la création d’entreprise, et donc le renouvellement du tissu économique, que de mettre de l’argent dans des entreprises dans le but de maintenir artificiellement l’emploi. A la question de savoir quel modèle d’entreprise était appelé à s’imposer dans l’avenir, l’orateur a récusé l’idée qu’il y ait réellement un modèle. D’abord, la réalité présente et historique, montre la coexistence d’une très grande diversité d’entreprises de diverses tailles et de divers types et âges. Ensuite, alors que certains auteurs prédisaient une poursuite du mouvement de concentration économique, depuis une dizaine d’années c’est l’inverse que nous observons, les petites et moyennes entreprises se développant beaucoup plus rapidement que les grandes au fur et à mesure que celles-ci se développent et se spécialisent. Et ce phénomène est universel. Il s’explique notamment par la recherche d’une plus grande souplesse des grandes entreprises qui préfèrent externaliser leurs activités ne correspondant pas directement à leur métier de base.. Sur la question de savoir si la monnaie unique est susceptible d’avoir une effet bénéfique sur l’emploi, M. DRANCOURT estime d’une part que la monnaie unique est un rempart contre les dévaluations ou flottements compétitifs, dont la France a pu souffrir et que d’autre part la monnaie unique est un instrument de puissance par rapport au dollar destiné à faire que les autres monnaies se déterminent davantage par rapport à l’euro que par rapport au dollar et de faire en sorte que les monnaies européennes ne soient pas dépendantes de fluctuations du dollar qui ne sont généralement pas favorables à l’économie européenne. La rigueur économique imposée par la mise en place de la monnaie unique n’est pas directement imputable à celle-ci dans la mesure où cet effort d’assainissement, dans sa finalité, sinon dans le détail de ses modalités, était en tout état de cause nécessaire vu le niveau d’endettement public.
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