L’ASEDIFRES se veut un carrefour où se rencontrent
des personnes d’origines diverses, cadres de l’enseignement et de la
recherche, du secteur public et du secteur privé mus par une même quête,
celle de la construction européenne, conscient que cette construction,
quelle qu’en soit la forme institutionnelle, est la seule voie porteuse
de renaissance et d’avenir pour les nations européennes. Dans ce
dessein, certains pays européens, la France et l’Allemagne notamment,
ont une mission historique qu’ils doivent assumer. L’ASEDIFRES, à sa
modeste place, entend y contribuer.
L’ASEDIFRES pense utile et nécessaire de provoquer
des débats sur des questions essentielles, questions parfois dérangeantes,
questions que l’on évite, questions que l’on abandonne à la force
des choses, ou que l’on croit être la force irrépressible des choses.
Il a semblé que le problème linguistique était une de ces questions
pour lesquelles la pression des forces économiques, politiques et
culturelles laissait une faible place à toute manifestation de
volonté, alors qu’il s’agit d’une des grandes questions du
siècle. Ceci est tellement vrai que le Conseil et le Parlement européens
ont fait de l’année 2001 l’année des langues en Europe. Au-delà de
l’aspect linguistique, parfois mal compris, il faut comprendre que
l’enjeu est essentiellement culturel. Or, qui osera affirmer
aujourd’hui que l’Europe puisse exister si elle n’est pas portée,
non seulement par des intérêts politiques fondamentaux, mais aussi par
un puissant mouvement culturel.
Dans ce contexte, l’ASEDIFRES, et bien d’autres
évidemment, ont un rôle à jouer. D’où l’idée de ce colloque, séminaire,
rencontres ou assises, qui pourraient en fait constituer « les
assises du plurilinguisme ».
Il convient d’en envisager les contours du point de
vue des motifs, des objectifs, de l’organisation et des modalités de préparation.
Motifs :
Il n’est pas possible de considérer la langue
comme un pur médium de nature à transmettre n’importe quel type de
message d’une façon standardisée.
La question de la langue est essentielle pour de
nombreuses raisons parmi lesquelles on peut mettre l’accent sur les
suivantes :
-
La langue est l’accès privilégié à toute culture. La
traduction n’est jamais parfaite et ne remplace pas l’accès directe
aux écrits dans la langue d’origine. Elle n’est jamais exhaustive. La
non diffusion d’une langue entraîne la non diffusion des œuvres. Sa
disparition entraîne la disparition de facto de celles-ci.
-
La langue, parce qu’elle est porteuse d’une culture, est
indissociable d’une vision du monde. Or, celle-ci ne peut être unique.
-
La langue est un moyen de communication. Entre deux locuteurs de
langues différentes la déperdition de la qualité du message est inéluctable
quand chacun des locuteurs parle la langue de l’autre. Pour un niveau de
compétence en langue déterminé, elle est beaucoup plus forte quand la
communication s’effectue par l’intermédiaire d’une troisième
langue.
-
Les destins des langues est lié à leur valeur d’usage. Face à
une vision dominante de la mondialisation tendant vers un bilinguisme bâtard,
il faut pouvoir affirmer la supériorité du multilinguisme.
-
Parce que la langue est indissociable de la puissance politique et
économique, parce qu’historiquement il n’y a pas d’exception à ce
constat, il n’y a aucune raison objective pour qu’il en aille
autrement dans l’avenir.
-
La biodiversité devient une préoccupation majeure. A l’heure
d’une mondialisation ambiguë, la diversité culturelle et linguistique
ne doit-elle pas occuper une place similaire. Les deux questions ne
sont-elles pas d’ailleurs indissociables ?
Pour ces raisons qui ne prétendent pas épuiser le
sujet, la question linguistique ne peut laisser indifférent. Son
extraordinaire complexité ne saurait justifier l’abstention.
Objectifs :
1 - Réunir des enseignants, des chercheurs et des
cadres du privé et du secteur public sur un sujet important les
concernant à des titres divers.
2 – La réflexion doit tenir compte de l’extrême
complexité du problème et n’écarter aucune des problématiques
actuellement à l’œuvre.
3 - Le travail de réflexion devrait déboucher sur
des propositions d’action précises pouvant impliquer des évolutions législatives
et financières.
4 - Les travaux des rencontres sont susceptibles de
donner lieu à une publication.
5 - Des organismes publics ou privés, associations,
entreprises, pourraient être intéressés par ces rencontres.
Organisation :
1 - Comité d’organisation : il sera constitué
avec des associations partageant les objectifs du projet et souhaitant
contribuer à son succès. Ce regroupement d’associations se fera sur
une base internationale à 2 à 3 pays de l’Union Européenne au
minimum.
2 - Comité d’honneur : de nombreuses
personnalités partageant les objectifs du colloque, au-delà de leur
participation au colloque, peuvent être membres du comité d’honneur.
3 - Enquête auprès des entreprises internationales :
une enquête sera conduite afin de mieux connaître les besoins des
entreprises et mettre en évidence les situations où le multilinguisme
apparaît comme un élément de valorisation par comparaison avec un
bilinguisme minimal.
4 - Thématiques
Les rencontres peuvent s’organiser autour de quatre
thèmes majeurs :
-
langues officielles et langues de travail dans les institutions
européennes
-
l’enseignement des langues, le multilinguisme au quotidien
-
le problème des langues dites régionales et des langues
minoritaires
-
le plurilinguisme comme valeur économique et comme valeur
culturelle
Chacun de ces domaines peut lui-même se décliner en
sous-thèmes dont la liste ci-jointe n’a qu’une valeur indicative.
Ceci veut clairement dire que les sujets peuvent-être reformulés.
Certains peuvent être supprimés, d’autres ajoutés. La définition des
sujets reste ouverte, sous le contrôle du comité d’organisation.
5 – Déroulé des assises
La complexité et l’importance des sujets nécessite
de les répartir sur deux colloques, le premier colloque devant ne traiter
que le cas des langues nationales de l’Union Européenne.
Il est proposé aux personnes souhaitant intervenir
dans le débat de proposer un sujet se rattachant à l’une de ces thématiques
majeures. Chaque intervention devra être limitée à 15 mn. En fonction
du nombre d’intervenants, les organisateurs se réservent le droit de réduire
la durée des exposés qui seront suivis de débats avec les participants.
Chaque intervenant devra préalablement (2 mois pour une introduction, 2
semaines pour le texte intégral) remettre un texte écrit en vue d’une
publication des actes.
6 – Pays d’accueil : à déterminer
7 – Salle : environ 300 places
8 -Durée : 4 demies-journées (une par sous-thème) :
le jeudi et le vendredi
Chaque demie journée peut se ramener à une tranche
de 3 heures : 9 h 30 – 12 h 30 et 14 h –17 h 00 avec une pause
d’une demie heure. Donc une demie journée fait 2 heures et demie et
permet, à raison d’un quart d’heure par intervenant, 8 intervenants
par thème et 30 mn de débats, soit 32 intervenants sur 4 demies journées.
On peut porter à 30 mn par intervenant, 15 mn d’exposé, 15 mn de
questions. Dans ce cas nous avons 5 intervenants par thèmes, et 20
intervenants en tout. Cela paraît plus accessible au plan pratique,
attendu que sur chaque thème il faut pouvoir spécialiser les
interventions. Nous ne pouvons déterminer par avance les 20 intervenants
et les 20 sujets. Il faut en fait dans l’appel à proposition, présenter
chaque thème par un court exposé des motifs et recueillir des
propositions d’intervention parmi lesquelles il faudra peut-être faire
des choix.
Pour chacun des thèmes majeurs, nous devrons avoir
un président de séance. Nous devrons le trouver parmi les intervenants.
Toute proposition est évidemment bien venue.
Nous devrons également rechercher une présidence générale
pour l’ensemble de la manifestation.
9 – Financement : Coût estimatif : 15
000 €. 3 sources de financement :
-
inscriptions individuelles
-
soutiens d’entreprises
-
subvention de la Commission européenne
Préparation :
1ère phase : établissement des contacts avec 2
ou 3 associations d’un ou deux autres pays de l’Union Européenne.
Recherche de soutien de personnalités et d’organismes publics pour
constituer le comité de patronage.
2e phase : réalisation d’une enquête
auprès d’entreprises privées ou publiques et recherche de financement.
3e phase : lancer un appel annonçant le colloque, séminaire,
rencontres ou assises et demandant une réponse sur le niveau de
participation souhaité : simple participation
ou intervention. La réponse vaudra manifestation d’intérêt. Il
y sera répondu par l’envoi d’un dossier précisant de manière détaillée
l’organisation et demandant une confirmation d’inscription.
Parallèlement, des contacts seront pris pour
constituer le plus vite possible un noyau d’intervenants.
Les publics cibles dans cette phase seront les
chercheurs et enseignants chercheurs, les professeurs de langues, dans les
diverses langues enseignées comme seconde ou troisième langue, les
anciens élèves de grandes écoles, les cadres d’entreprises. Ce mélange
peut être tout à fait productif du fait qu’il concerne les catégories
de personnes qui vivent le problème linguistique sous des angles très
différents les uns des autres.
Parallèlement également, les contacts pris
permettent de déterminer le lieu de la manifestation.
4e phase : Elaboration du projet de
budget. Mise au point du programme des rencontres au plan des conférences-débat
et des éventuels prolongements touristiques. Cette phase comporte une
prise de contact avec les autorités européennes pour l’octroi d’une
subvention, et également avec le ou les hôtels et une réservation sous
réserve. Un nouvel appel est lancé avec envoi d’un pré-programme et
première collecte de participations pour réservation.
4e phase (septembre) : confirmation
des participations, réservation et collecte des participations.
Assises européennes sur le multilinguisme :
date prévisionnelle : printemps 2005.