Le voyage en Périgord

 

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Le vendredi 16 avril au matin

Arrivée chez Maggie et Patrick Gorman, exploitants agricoles d'un élevage d'oies et de canards pour foie gras à 20 km de Bergerac.

Lui est irlandais, elle britannique. Ils se sont rencontrés dans une ferme en Ecosse. Séduits par une ferme abandonnée en Périgord, ils l'ont acheté en unissant le capital de leurs deux familles. Les parents de Maggie, universitaires, ont vendu en particulier l'une de leurs maisons au moment de leur retraite. Patrick et Maggie ont appris la gestion en Grande-Bretagne, mais la technique de fabrication du foie gras à l'école d'agriculture de Périgueux. 

Leur créneau commercial est le foie gras et la conserve de canard haut de gamme. Le tas de ruines est devenu le domaine du Grand Pré où est né leur premier enfant. Maggie est conseillère municipale de Saint-Alvère. Un "regain" en Périgord à la sauce britannique.

Vous pouvez passer commande au 05 53 27 99 90

 

 

A l'office de tourisme et centre multimédia de Saint-Alvère.

Vous ne serez pas les seuls. Des clients de tous les coins d'Europe occidentale et même d'Australie s'adressent au centre multimédia de Saint-Alvère.

L'organisme gestionnaire est la municipalité de Saint-Alvère, mais le principal bénéficiaire est le syndicat intercommunal des trufficulteurs. Car depuis 10 ans, ces terres de chênes ont connu leur ruée vers l'or noir : la truffe du Périgord.

Parmi ces pionniers du XXIe siècle, suivons...

Le site que l'on peut visiter du monde entier en cliquant ici présente :

bulletla perle noire du Périgord et toutes les grandes espèces de truffes dans le monde; 
bulletLes conditions de sa commercialisation et l'organisation du marché aux truffes de Saint-Alvère.
bulletenfin les connaissances techniques qu'implique sa culture.

 

 

 

...Hugues Martin sur son exploitation de truffes à la Bergerie à Sainte Foy de Longas (20 km de Bergerac). Douze hectares abandonnés encore en 1970. Un premier acquéreur avait planté 8 ha de chênes truffiers. Mais il était restaurateur et non cultivateur : ses chênes peu productifs furent rachetés par Hugues Martin, ingénieur pépiniériste au chômage.

Avec sa femme, qui a fait plusieurs séjours aux Etats-Unis, ils décident de vendre leur maison pour acquérir ce domaine. Ils exploitent une nouvelle technique de culture trufficole mise au point par l'INRA dans les années 1970 : la mycorisation, mais aussi leur famille s'agrandit d'un 4e enfant.

Cliquer ici ou sur une photo pour aller sur le site de la Truffière

 

Nous avons le droit en introduction à un exposé lumineux sur l'histoire de la truffe. Avis aux amateurs d'histoire économique et sociale!

La truffe s'est développé de manière sauvage à la fin du 19e siècle sous l'effet de 3 facteurs essentiels : 

bulleten premier lieu, la destruction de 90 % des vignes par le phylloxéra a laissé d'immenses territoires où la vigne devait être reconstituée.
bulleten second lieu, la population rurale était encore très dense, et la recherche des truffes sauvage était une activité économique à laquelle la population, structurellement excédentaire, pouvait s'adonner.
bulletenfin le climat sec et chaud, qui sied à la vigne, sied également à la truffe.

C'est ainsi que la production, ou plus exactement la récolte de la truffe, a pu atteindre plus de 2 000 tonnes, ce qui représente 10 fois la production d'aujourd'hui.

La récolte a toutefois connu au 20e siècle un déclin sous l'effet de 2 facteurs principaux :

bulletPendant la première guerre mondiale, la population masculine mobilisée n'était plus là pour poursuivre cette activité qui n'a jamais été qu'une activité accessoire.
bulletL'exode rural a fait le reste après la seconde guerre mondiale.

D'où cette idée folle d'Hugues Martin d'exploiter la truffe et de proposer des recettes créatives qui réjouissent nos palais. Avis aux amateurs. La qualité, c'est aussi le destin économique de nos régions! 

 

 

Un groupe universitaire parisien vient d'effectuer un voyage d'étude en Dordogne marqué de visites successives à Sainte-Alvère (ferme de palmipèdes Gorman, centre multimédia, ferme trufficole Martin), aux Eyzies (abri Pataud, ferme de Fonluc), à Beaumont (bastide, communauté de communes, chambres d'hôtes), à Monpazier (atelier d'architecture Eckardt), à Monsaguel (atelier de peinture

Reiche). Le premier soir, jonction a été faite au golf de Périgueux avec l'association YES (Pour English Association) pour un débat sur la présence anglo-saxonne en Dordogne. On y croisait des Anglais précédemment à Hong Kong, un Américain de Miami propriétaire à Hautefort, etc.

On y parla des élus locaux anglais comme à Saint-Pantaly-d'Excideuil et on relança l'éternelle question: combien de Britanniques en Périgord ?

Un assureur savignacois « spécialiste » estima qu'ils apportent 90 millions d'euros par an au dé­partement, en se fondant sur 3 000 Anglais et 30 000 € de budget personnel par an. Le débat est ouvert...

(Article paru dans Sud-Ouest du 20 avril 2004)

Cet article a été rédigé par Alain BERNARD, journaliste à Sud-Ouest, qui anima le diner-débat au restaurant du Golf Club de Périgueux le 16 avril au soir. Un enregistrement sur cassette de 40' est disponible chez le président Christian Tremblay.

 

Le 17 avril au matin, le groupe est aux Eyzies. Ici encore, rencontre avec d'autres belles aventures.

Aventure culturelle d'abord. Madame Delluc présente elle-même la découverte du site etr sa fouille réalisée par un américain. IL y laissa sa fortune, mai spas en vain.

 

L'Abri Pataud présente au public l'un des grands gisements paléolithiques de France. Il a été fouillé entre 1953 et 1964; 14 couches archéologiques regroupant une quarantaine de campements successifs de chasseurs de rennes, qui s'étaient installés pendant prés de 20 000 ans sous la falaise des Eyzies, y ont été découverts.

Le musée du site, à proximité immédiate du gisement préhistorique, présente la végétation, la faune et les climats préhistoriques, retrace le mode de vie, les techniques de chasse et de boucherie et les pratiques culinaires des hommes de Cro- Magnon.

 

Nous prenons notre repas végétarien à la ferme de Fonluc sur les bords de la Vézère. Son propriétaire depuis à peine dix ans est Dörte Bachaus, venu d'Allemagne du Nord.

Il exploite un centre d'initiation à l'équitation où il accueille notamment des groupes de jeunes en grande difficulté.

La relation à l'animal est un élément de base de la pratique du cheval, que cette pratique soit un loisir, un sport, ou, comme autrefois, un moyen de production. Le cheval doit avoir confiance en l'homme, et l'homme doit avoir confiance en lui.  L'établissement du lien avec l'animal est un moment fort et restructurant pour le jeune qui a perdu parfois ses repères. Par le contact avec le cheval, le jeune en difficulté peut se reconstruire.

Dörte nous raconte pourquoi il est venu s'installer à Monluc à proximité immédiate des Eysies. Il était déjà venu en Corse et dans la région pour pratiquer l'agriculture biologique. Il avait cherché à acheter. Mais ce n'était jamais dans ses prix. Jusqu'au jour où on lui téléphone pour reprendre une ferme abandonnée sur une terre à vocation agricole. Grâce à des prêts, il pourra retaper complètement la ferme de ses propres mains et lancer son exploitation : élevage de chevaux, jardin biologique, dégustation à la ferme. 

Et tout récemment, il ajoute un atelier d'art qu'il partage avec sa femme : pour elle la peinture, pour lui des fleurs-bougies en cire. 

Mais pourquoi la France et la Dordogne? L'envie d'y vivre tout simplement.

Le 17 avril dans l'après-midi

Visite de la Bastide de Beaumont et réception par une délégation de maires de la communauté de commune de Beaumont qui est la première créée dans l'arrondissement de Bergerac. Lauréate en 1996 du concours national de l'aménagement de l'espace rural, elle a pu restaurer l'abbaye de Saint-Sénieur et créer une maison du Pays. Elle accueille beaucoup d'européens de l'Ouest dans presque toutes les communes. 

Pour l'histoire, nous en apprendrons sur la guerre de 100 ans qui est ici encore inscrite dans les lieux et donne un éclairage un peu particulier sur cette immigration récente, majoritairement britannique, qui féconde nos villages.

Nous en apprendrons aussi beaucoup sur nos structures communales et le mouvement de coopération intercommunale, puisque les communes du pays des Bastides ont inventé la notion de "pays" et ont réalisée avant la loi "Chevènement" la première communauté de communes. 

Les élus qui nous ont reçu se félicitent de cette coopération intercommunale qui fait fonctionner la démocratie locale tout en suscitant une véritable dynamique de développement. Celle-ci prenant évidemment appui sur des crédits publics nationaux et européens affectés au développement local et régional. 

Ne pas confonde avec la fusion de commune ou avec la réduction drastique du nombre de commune qui hante des esprits un peu trop rationaliste.

Nous avons passé notre nuit du 17 avril en chambres d'hôtes à Sainte Croix de Beaumont

Chez Michael et Sue Kay

http://www.artisans-d-art.com/kay 

britanniques qui nous ont servi une soupe légère à l'anglaise avant de nous conduire à la ...

 

Michael dans son atelier

...Soirée cabaret franco-britannique

 de Beaumont, récital de chansons dans les deux cultures

Le dimanche 18 avril au matin, nous étions chez

Chez Jürgen Eckhardt, architecte

qui nous reçoit autour d'un feu de cheminée, dans sa maison de Marsalis près de Monpazier, avec sa femme et ses enfants.

Architecte à Berlin Ouest, il rencontre sa femme venue de Berlin Est après la chute du mur. Avec leurs trois enfants, ils se sont installés en Périgord par stratégie professionnelle (un bureau à Berlin, des correspondants en Norvège, en Finlande et à Shanghaï), mais aussi par tradition familiale francophile, et enfin par une attirance particulière pour la région.

Place et bastide anglaise de Monpazier

Jürgen Eckhardt
à son bureau

eckhardt@architectes.org

 

Sous la pluie nous découvrons l'ancienne bastide anglaise de Monpazieroù est né Jean Galmut, l'aventurier de Guyane élu député de Cayenne par le petit peuple noir avant de mourir empoisonné. UN personnage de légende digne des héros de Kipling et de Charles Dickens. Ici, le centre n'est pas l'Eglise, mais le marché : les bastides, dès le XIIIe siècle, ont imposé le modèle de la civilisation marchande très tôt.

La rue principale de Monpazier...

...par un dimanche pluvieux. Pendant l'été, on n epeut guère y circuler sans être pressé par la foule qui s'agglutine dan sles foires, concerts, commémorations. Des célébrités du monde du spectacle y ont élu la maison de leur rêve et y animent parfois ces manifestations.

Quelques kilomètres sous la pluie battante et nous voici rendus ...

...dans l'atelier - galerie de peinture d'Elisabeth Reich à Monsaguel/Issigeac

ses tableaux d'art abstrait sont présentés par l'auteur. Elle a fréquenté l'école de Berlin avant de choisir ce coin de Périgord pour passer sa retraite..  

Cette propriété, où trône un chêne multiséculaire, appartenait à des Britanniques qui l'avaient eux-mêmes acheté à M. Cuvier, le célèbre biologiste français. Elle y retrouve ce "jardin du monde" célébré par Goethe à l'époque de son voyage en France. Elle loue à des allemands l'été et organise des concerts avec les musiciens de la commune d'Issigeac. 

Dans la même commune, des Britanniques ont créé dans le château une troupe théâtrale qui donne 2 dîners spectacles par an. Ils y ont célébré récemment le 50e anniversaire de l'Entente cordiale. L'atelier d'Elisabeth est un lieu de rencontre de toutes les cultures européennes en Périgord.

Un chêne multicentenaire

 

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Dernière modification : 01 mai 2008