Paul Balta

 

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« Les rapports Europe-Méditerranée, dimension de l’identité européenne »

 Bref compte rendu de l'intervention de M. Paul Balta
(déjeuner débat du samedi 3 mars 2001)

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Approche historique
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L'aspect culturel

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L'aspect géopolitique

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Le processus de Barcelone
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Genèse

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Ses aspects novateurs

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La déception relative

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La conférence de Marseille

M. Paul Balta a développé deux axes :

- Un axe historique montrant l'importance des racines méditerranéennes dans l'identité des peuples européens.

- Un axe contemporain, montrant à la fois les ambitions et les difficultés du processus de coopération Europe-Méditerranée connu sous le terme de processus de Barcelone.

Approche historique

L'aspect culturel

L'intimité des histoires européenne et méditerranéenne se trouve déjà dans l'origine du nom Europe, hérité de la mythologie grecque: fille de Phoenix ou d'Agénor, roi de Phénicie, et sœur de Cadmos, elle fut enlevée par Zeus métamorphosé en taureau. De leur union naquirent Minos, Rhadamante et Sarpédon.

Sans aller plus loin dans les racines et les emplois du mot Europe, il faut souligner quelques aspects illustrant l'importance de l'héritage méditerranéen de la civilisation européenne.

Au plan religieux, faut-il rappeler que Jésus est né en Orient, en Méditerranée orientale, que si l'éternité est un sentiment né dans l'Egypte pharaonique, les religions méditerranéennes sont polythéistes jusqu'à l'avènement des trois monothéismes modernes juif, chrétien et musulman.

Dans l'ordre de l'architecture, les temples grecs, enfants de Louxor et de Carnac, ont imprimé leur marque dans toute l'architecture européenne : impossible d'ignorer leurs colonnes surmontées du fronton triangulaire, du Parthénon d'Athènes à l'Assemblée nationale à Paris, de la basilique Saint-Pierre au Vatican, à la Maison Blanche à Washington. De même, la coupole, héritage de Rome et de Byzance, a été reproduite à l'infini, de Sainte-Sophie à Constantinople au Dôme du Rocher à Jérusalem, des mosquées chiites d'Ispahan à la cathédrale Saint-Paul de Londres.

En ce qui concerne l'écriture, l'alphabet est né chez les Phéniciens au XIIIe siècle av. J.-C., et l'alphabet phénicien a été le modèle de tous les autres, hébreux, arabe, grec, romain, etc.

Une halte particulière s'impose à Alexandrie, fondée par Alexandre le Grand en 332 av. J.-C., ville de rencontre et d'échange entre cultures, en réalité première grande ville cosmopolite, cœur du monde hellénistique, qui a connu un grand rayonnement depuis sa création jusqu'au cinquième de notre ère. Elle a notamment donné :

- une grande école de mathématique, célèbre en particulier par la géométrie d'Euclide,

- le calendrier Julien, édicté par César en 46 av. J.-C. sur les conseils de l'astronome alexandrin Sosigène

- la bibliothèque d'Alexandrie, détruite une première fois en 46 av. J.-C., reconstituée et détruite à nouveau en 391, riche alors de 700 000 ouvrages,

- et l'une des sept merveilles du monde, le phare d'Alexandrie, sur l'île de Pharos, d'où le nom donné à ce type d'édifice dont la structure a influencé nombre de clochers d'églises romanes.

L'aspect géopolitique

D'un point de vue géopolitique, deux grands mouvements doivent être soulignés, à la fois fractures et zones d'échange : le poids de l'empire romain, en second lieu l'influence arabo-musulmane.

La division de l'empire romain en un empire romain d'Orient et un empire romain d'Occident, effective à la fin du quatrième siècle, et qui est suivie par la chute de l'empire romain d'Occident sous la pression des invasions des peuples germains, appelés barbares, est une première fracture.

Une seconde fracture vient de l'essor de l'Islam à partir de 7ème siècle donnant naissance à une brillante civilisation qui après avoir récupéré l'héritage hellénique, perdu et oublié en Europe, sera à la pointe de la modernité pendant près de cinq siècles dans la plupart des domaines. L'Occident en récupérera notamment les chiffres arabes, l'algèbre, la philosophie, l'histoire, la gastronomie, l'hygiène, et ces apports contribueront à la Renaissance.

Le processus de Barcelone

En 1995, les Quinze et douze pays méditerranéens (non compris la Libye et les Balkans) concluent la Déclaration de Barcelone (28 novembre 1995).

Genèse

Notamment :

- Le Comité Permanent Consultatif Maghrébin (1964-1975). Algérie, Maroc, Tunisie, Libye. Rivalité Kadhafi-Boumédienne. Conflit du Sahara occidental.

- Le dialogue Euro-Arabe (CEE-Ligue Arabe)(1974-1991). Hostilité américaine. Division de la Ligue Arabe lors de la guerre du Golfe.

- L'Union du Maghreb Arabe (1989) (Libye, Tunisie, Algérie, Maroc, Mauritanie). Coopération transversale. Embargo de l'ONU sur la Libye, guerre civile en Algérie.

- La concertation des 5+5 (5 pays de l'UMA, Espagne, France, Italie, Portugal, Malte) (1989-1991). M. Bouteflika relance la concertation en janvier 2001.

- Echec de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Méditerranée (CSCM), conçue comme complémentaire de la CSCE (1972-1992). Problème de la participation des Etats-Unis. Elle reste un cadre de référence et de rencontres (à Marseille en 2000).

Ses aspects novateurs

Coopération fondée sur un partenariat à trois volets :

- Partenariat politique et de sécurité : la création d'un espace commun de paix et de stabilité

- Partenariat économique et financier : volonté de construire une zone de prospérité partagée pour aboutir à une zone de libre-échange en 2010.

- Partenariat dans les domaines social, culturel et humain : développer les ressources humaines, favoriser la compréhension entre les cultures et les échanges entre les sociétés civiles. Ce dernier volet n'est pas le moins novateur et prometteur compte tenu du nombre et de la vivacité des ONG et des représentants de la société civile concrétisés par le Forum civil euromed.

La déception relative

- les ambiguïtés du partenariat dues à une certaine méfiance réciproque

- pesanteur du conflit israélo-arabe

- lourdeur administrative qui freine les projets de coopération.

La conférence de Marseille en novembre 2000

Boudée par la Syrie et le Liban, la conférence tenue les 15 et 16 novembre à Marseille a souffert de l'impasse dans lequel se trouve le processus de paix au Proche-Orient et du reproche fait par les pays arabes à l'Europe de ne pas s'y impliquer suffisamment. A défaut d'une avancée dans ce domaine, peut-être Marseille aura-t-elle été l'occasion d'une relance d'une coopération économique jusqu'à présent décevante.

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L'aspect culturel

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L'aspect géopolitique

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Le processus de Barcelone
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Genèse

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Ses aspects novateurs

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La déception relative

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La conférence de Marseille

En marge de la conférence de M. Paul Balta, nous vous signalons la chronique du Monde diplomatique sur la conférence euro-Méditerranée dans le cadre du cahier spécial du Monde Diplomatique sur l'Europe qui ouvre sur tous les dossiers sensibles et stratégiques.

 

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Dernière modification : 01 mai 2008