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Bref compte rendu de l'intervention de M. Paul Balta Télécharger le texte au format .rtf
M. Paul Balta a développé deux axes :
L'intimité des histoires européenne et méditerranéenne se trouve déjà dans l'origine du nom Europe, hérité de la mythologie grecque: fille de Phoenix ou d'Agénor, roi de Phénicie, et sœur de Cadmos, elle fut enlevée par Zeus métamorphosé en taureau. De leur union naquirent Minos, Rhadamante et Sarpédon. Sans aller plus loin dans les racines et les emplois du mot Europe, il faut souligner quelques aspects illustrant l'importance de l'héritage méditerranéen de la civilisation européenne. Au plan religieux, faut-il rappeler que Jésus est né en Orient, en Méditerranée orientale, que si l'éternité est un sentiment né dans l'Egypte pharaonique, les religions méditerranéennes sont polythéistes jusqu'à l'avènement des trois monothéismes modernes juif, chrétien et musulman. Dans l'ordre de l'architecture, les temples grecs, enfants de Louxor et de Carnac, ont imprimé leur marque dans toute l'architecture européenne : impossible d'ignorer leurs colonnes surmontées du fronton triangulaire, du Parthénon d'Athènes à l'Assemblée nationale à Paris, de la basilique Saint-Pierre au Vatican, à la Maison Blanche à Washington. De même, la coupole, héritage de Rome et de Byzance, a été reproduite à l'infini, de Sainte-Sophie à Constantinople au Dôme du Rocher à Jérusalem, des mosquées chiites d'Ispahan à la cathédrale Saint-Paul de Londres. En ce qui concerne l'écriture, l'alphabet est né chez les Phéniciens au XIIIe siècle av. J.-C., et l'alphabet phénicien a été le modèle de tous les autres, hébreux, arabe, grec, romain, etc. Une halte particulière s'impose à Alexandrie, fondée par Alexandre le Grand en 332 av. J.-C., ville de rencontre et d'échange entre cultures, en réalité première grande ville cosmopolite, cœur du monde hellénistique, qui a connu un grand rayonnement depuis sa création jusqu'au cinquième de notre ère. Elle a notamment donné :
D'un point de vue géopolitique, deux grands mouvements doivent être soulignés, à la fois fractures et zones d'échange : le poids de l'empire romain, en second lieu l'influence arabo-musulmane. La division de l'empire romain en un empire romain d'Orient et un empire romain d'Occident, effective à la fin du quatrième siècle, et qui est suivie par la chute de l'empire romain d'Occident sous la pression des invasions des peuples germains, appelés barbares, est une première fracture. Une seconde fracture vient de l'essor de l'Islam à partir de 7ème siècle donnant naissance à une brillante civilisation qui après avoir récupéré l'héritage hellénique, perdu et oublié en Europe, sera à la pointe de la modernité pendant près de cinq siècles dans la plupart des domaines. L'Occident en récupérera notamment les chiffres arabes, l'algèbre, la philosophie, l'histoire, la gastronomie, l'hygiène, et ces apports contribueront à la Renaissance. En 1995, les Quinze et douze pays méditerranéens (non compris la Libye et les Balkans) concluent la Déclaration de Barcelone (28 novembre 1995). Notamment :
Coopération fondée sur un partenariat à trois volets : - Partenariat politique et de sécurité : la création d'un espace commun de paix et de stabilité - Partenariat économique et financier : volonté de construire une zone de prospérité partagée pour aboutir à une zone de libre-échange en 2010. - Partenariat dans les domaines social, culturel et humain : développer les ressources humaines, favoriser la compréhension entre les cultures et les échanges entre les sociétés civiles. Ce dernier volet n'est pas le moins novateur et prometteur compte tenu du nombre et de la vivacité des ONG et des représentants de la société civile concrétisés par le Forum civil euromed. - les ambiguïtés du partenariat dues à une certaine méfiance réciproque - pesanteur du conflit israélo-arabe - lourdeur administrative qui freine les projets de coopération. La conférence de Marseille en novembre 2000 Boudée par la Syrie et le Liban, la conférence tenue les 15 et 16 novembre à Marseille a souffert de l'impasse dans lequel se trouve le processus de paix au Proche-Orient et du reproche fait par les pays arabes à l'Europe de ne pas s'y impliquer suffisamment. A défaut d'une avancée dans ce domaine, peut-être Marseille aura-t-elle été l'occasion d'une relance d'une coopération économique jusqu'à présent décevante.
En marge de la conférence de M. Paul Balta, nous vous signalons la chronique du Monde diplomatique sur la conférence euro-Méditerranée dans le cadre du cahier spécial du Monde Diplomatique sur l'Europe qui ouvre sur tous les dossiers sensibles et stratégiques.
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